La star, c'est moi.

La star, c'est moi.
C'est un vrai foutoir cette piaule. Des cadavres de bière partout, des fringues éparpillées, de la bouffe avariée dans tous les coins... Mais j'ai trop la flemme de ranger.
Passage par la salle de bain histoire de voir ma tronche. Et voilà, j'ai encore des cernes de trois kilomètres sous mes yeux bleus, des mèches brunes dans tous les sens sur le crâne...

Il est 14 heures et des poussières. Je devrais déjà être à la salle de concert pour ce soir. J'en ai marre de tous ces délais à respecter. L'artiste c'est moi, merde ! Alors je décide. Point barre.


J'ai retrouvé mes clopes, un jeans pas trop pourri, et mon éternelle veste en cuir. Ca ira. Les fans ont l'habitude de voir ma gueule trash.


J'arrive à la salle, ça grouille de techniciens, de maquilleuses... Le staff crie dans tous les sens, et en général pour me reprocher un truc. J'allume ma clope.

« Les gars, y'en a marre. Démerdez vous. Moi je monte sur scène à 20 heures, et je fais mon show. Les thunes c'est moi qui les ramasse, alors le reste vous le faites tous seuls. »

Je quitte cette bande de surexcités pour aller me boire un verre ou deux en face, comme je le fais toujours avant un concert. Merde, mon téléphone sonne... Mon guitariste de boyfriend.

« Yul' ? »
« Quoi encore, Parviz' ? »
« 'Faut qu'on répète ta playlist, avant le concert, poupée. »
« Va te faire. On verra tout à l'heure. »
« Tu ramènes ton p'tit cul illico ou c'est moi qui viens te chercher. »

J'en ai marre de ce gars. Malheureusement, sans lui, je ne serais rien ou pas grand-chose. J'aurais probablement jamais sorti la tête de mon trou à rats pour essayer de percer dans le milieu de la chanson.

« Ca va, j'arrive .»

2 heures plus tard, c'est bon, j'en ai ma claque. On a répété des jours et des nuits avant ce soir, et on est déjà au point depuis plus de trois semaines. Parvitz cherche toujours un truc à modifier, mais 'faut se rendre à l'évidence que là, on est au bout.

« Arrête de flipper chéri. Tout va bien se passer. »

C'est un grand stressé mon mec. Moi je dis, vis ta vie comme elle vient. Assume tes choix, un point c'est tout.

Je passe le reste du temps avant le show affalée sur un canap' de cuir, accompagnée seulement de quelques bières.
L'heure arrive. Allez, prends ton p'tit coup d'adrénaline, ma vieille. Deux petits rails bien réguliers sur un coin de table, et c'est parti.

« HELLO EVERYBODY !!! »

# Posté le mardi 24 juin 2008 08:18

After the show.

Tous ces sourires, ces bras levés... C'est l'extase totale. Un public en délire, comme toujours. Un malheureux accord qui sonne et c'est la folie dans la fosse... Ils aiment ma guitare, ils aiment ma voix, ils aiment mon physique, ils m'aiment. M'aimeraient-ils autant s'ils me connaissaient réellement ?


Dernier accord, dernier cri. La flemme de faire un deuxième rappel.
Je repose ma gratte sur son socle, et je m'en grille une, histoire d'évacuer l'adrénaline qu'il me reste.
Allez, après un show, rien de tel qu'une bonne douche. Quelques marches à monter, je pousse la porte...
J'ai dû me planter de piaule, c'est super bien rangé... Et non, pourtant c'est bien mon squatt.

« Paaaaarviiiitz !!!! »
Mon crétin de boyfriend se ramène, sa douzième bière à la main.
« Quoi ? »
« C'est quoi ça ! »
Je lui montre la chambre du doigt.

« Notre piaule ? »
« Abruti ! C'est toi qui as rangé ? »
« Ben, non. »

Donc, quelqu'un est entré ici. Super. Cavalcade jusqu'à la réception de l'hôtel.

« M'dame.. ? »

La réceptionniste me regarde comme si je sortais d'une poubelle.

« Pourquoi ma chambre est comme ça ? »

Silence. Elle fait une gueule pas possible et demande.

« Et qui êtes vous ? »
« Yulia Volkova, s'pèce de blonde ! »

Elle ouvre la bouche deux ou trois fois comme un poisson agonisant et finit par lâcher :

« Ah, Mademoiselle Volkova !! Mille excuses ! Quel est le problème avec votre chambre ? Elle n'a pas été faite ? »
« Si, justement. »

Tout le personnel habillé en pingouin est tourné vers moi, avec l'air con, comme si je causais pas dans leur langue.

« Qui est responsable de ma chambre ? Je veux mettre quelques trucs au point avec lui. »

« Euh... Je vous l'envoie à dix heures. »

L'immonde horloge XVIII eme qui recouvre le mur me fait comprendre qu'il est 2 heures du mat'. J'ai qu'à dormir jusqu'à ce que l'autre arrive. Je lui lâche un bref « Ok » et je remonte pioncer. Putain, Parvitz s'est endormi comme une merde au milieu du couloir et a versé sa bière sur la moquette...

# Posté le vendredi 27 juin 2008 04:27

Junkie Attitude

« Mademoiselle ? »

La gueule en vrac, j'ouvre les yeux sur une nana en soubrette.

« C'est quoi ? »
« Mademoiselle, c'est la réception qui m'envoie. »
« Ah, c'est toi qu'a fait ma piaule, hein ? »
« Oui, on m'a dit que vous vouliez me parler. Il est 10h, comme prévu. »
« Merde. »

Bon, ok, je me lève, et promis je m'énerverai pas.
Elle recule quand je me relève du lit sur lequel j'étais affalée comme un tas de je-ne-sais-quoi. Et apparemment le boyfriend est soit déjà levé, soit toujours dans le couloir..

« Je mords pas, t'inquiète. »
« Je... »

Ah, merde. Je suis à poil. Ou presque, j'ai juste mon boxer. Ca me fait marrer.

« Je suis si moche que ça, pour que t'aies peur ? »

C'est trop marrant, elle panique complet.
J'attrape un débardeur dans un coin et je l'enfile viteuf'. Elle a toujours la bouche grande ouverte.

« Attends une seconde, je reviens. »

Me passe un peu d'eau sur la tronche histoire de ressembler à autre chose qu'un cadavre. Mh, c'est pas gagné.

« Je suis à toi, chérie. »

Elle va en crever, de mes remarques. Elle a les jambes qui tremblent, les mains, aussi, et ses yeux verts sont larmoyants. On dirait un lapin effrayé. Je ricane encor un peu à cette pensée.

« Bon, écoute, je sais même pas pourquoi je t'ai faite venir. T'as fait que ton boulot, après tout. »

Je jette un ½il autour de moi. 'Faut avouer que ça a de la gueule, rangé.

« T'as fait du beau boulot. »

Je me surprends à faire un compliment. C'est pas mon style. On dirait qu'elle va tomber dans les pommes...

« Assieds-toi mademoiselle. Respire. »

Une bonne rasade de Whisky pour lui donner du punch et une pour moi, aussi, pour le plaisir.

« Ca va mieux ? »

Ca doit être la honte suprême, pour elle. Moi je m'en fous, rien me choque. Mais elle on dirait qu'elle va pas survivre à ces cinq minutes en ma présence. Tiens, y'a un truc dans la poche de son tablier.

« C'est mon skeud ? »

Ah, elle est passée de blême à rouge tomate. J'ai compris.

« Tu veux que je te le signe ? »

Pas la peine d'attendre la réponse. Un coup de marqueur, voilà. Bon, je m'en grille une. Ah putain !! Ce connard de guitariste a encore foutu du lsd sur le filtre. Ahhh... Pas au réveil, berk...

« Mademoiselle ? Vous allez bien ? »

Je l'avais oubliée celle-là. Et ma bouche qui refuse de répondre...

# Posté le vendredi 27 juin 2008 04:45

Modifié le vendredi 27 juin 2008 15:11

Baby, don't cry.

Ahhh ma tête... Je vais l'éclater, le guitariste. En plus je suis tombée dans les pommes devant la rouquine en soubrette.
Y'a deux grands yeux verts qui me fixent, effrayés. Ca doit être les siens, d'ailleurs.

"Mademoiselle? Mademoiselle?"

J'ai vraiment l'air d'une demoiselle? Jamais on m'a parlé aussi gentiment.
Elle est en train de s'occuper de moi et de me mouiller les tempes.

"Moui ça va, c'est bon, arrête avec ta flotte."
"Vous vous sentez mieux?"
"Ouais, merci. "

Ces mots sont vraiment sortis de ma bouche?

"Excusez pour tout ce dérangement, mademoiselle. Tout ça est de ma faute..."

Merde, elle va pas se mettre à chialer, non?

"Hey, non pleure pas chérie..."

C'est foutu. Elle s'est remise à trembler et prend sa tête dans ses mains. Ah nooon je suis censée faire quoi?? Bon sang, je panique. Ca m'est jamais arrivé!
Ok, d'accord, on va jouer les gentils. Je mets mes bras autour de cette petite chose fragile qui est en train de se déshydrater sous mes yeux et par les siens.

"Pleure pas, putain..."

J'ai pas les mots pour ces trucs là. D'ailleurs j'y comprends rien! Pleurer, moi? 'Connais pas.

"Hey écoute, ça va, ok? No soucy... Flippe pas.."

Mais c'est une pompe à incendie, cette fille!
Je prends son visage dans mes mains, je la regarde dans ces yeux humides. C'est pas possible, rien que ces yeux me donnent envie de composer...!
J'avais jamais regardé son visage d'aussi près. Elle a cette magie indescriptible, celle que j'ai pas trouvée en Parvitz...

"Wouaouw..."

Je suis pas capable de lâcher autre chose. Elle m'hypnotise. Je vais me noyer dans ce torrent de larmes. Dans ce vert de feu.

J'ai envie d'elle.

# Posté le samedi 28 juin 2008 05:16

Modifié le samedi 28 juin 2008 09:01

Ange Roux

Le souffle coupé. Je resterais des heures plongée dans ce regard d'émeraude.
Elle pleure plus. Elle a toujours l'air d'un lapin en panique, et je sens le sang qui afflue bien trop vite dans ses tempes.

Et j'ai toujours envie d'elle.

Sauf que là, j'ose pas bouger. En temps normal, je ferais quelque chose. Je l'embrasserais, je lui dirais un truc, j'en sais rien, mais je resterais pas plantée là comme une conne.

Mes mains quittent son visage d'ange et descendent vers son cou, puis ses épaules... Et dans mon corps, des élans de désir qui semblent se battre...

De toute façon j'ai rien à perdre.

Mes mains glissent encore, pour se poser sur sa poitrine. Elle réagit pas.
Je m'approche, encore, encore un peu... Je l'embrasse.
C'est la première fois que j'embrasse une fille. Et putain, c'est certainement pas la dernière! C'est planant!!

BLAM

Mon corps se détache de la belle rousse et mes yeux se posent sur ce qui a provoqué le bruit. C'est mon connard de guitariste qui vient de rentrer.

"Yul'?"
"Ouais chuis là."

Je regarde la Belle dans les yeux avec un signe de tête, qui veut dire "va-t-en , maintenant, mais je compte te revoir."
J'espère qu'elle l'a compris.

"Ah c'est elle la conne qui a rang..." commence l'autre crétin
"C'est pas une conne."

Il me regarde comme une extra-terrestre.
L'Ange sourit et s'en va comme il est venu, laissant flotter dans l'air son parfum si particulier.


Après tout ça, j'ai bien besoin d'un remontant. Parviz semble y avoir pensé, et me tend un verre de whisky et une petite pochette en papier...


Ca y est, chuis déf' .

Il se colle à moi, de plus en plus. On sait comment ça va finir. Il me tient fermement par la taille, m'embrasse, me pelote, et bande comme un âne...
Ca y est, je suis entre le lit et son corps... Mais là, je pense à autre chose. A quelqu'un d'autre.

# Posté le mercredi 02 juillet 2008 13:47

Modifié le mercredi 02 juillet 2008 19:07